Héctor Varela

Héctor Varela est né en 1914 en Argentine, à Avellaneda.

Il étudie le bandonéon et entre au conservatoire. Bien que diplômé en comptabilité, il ne travaillera jamais dans ce domaine pour se consacrer uniquement à la musique.

Il intègre l’orchestre de Salvador Grupillo à 16 ans et participe aux émissions de radio Chispazos de tradición et fait également partie du groupe de musiciens qui accompagnait Tita Merello lors de ses passages à la radio.

En 1934, il intègre l’orchestre de Juan D’Arienzo en tant que premier bandonéon. Un an plus tard, à la demande de Discépolo, il fait partie de la formation musicale qui joue à Radio Municipal, puis à Radio Belgrano où il accompagne Libertad Lamarque.

En 1939, il forme son premier orchestre avec lequel il joua à la radio mais avec lequel il ne fit malheureusement aucun enregistrement. La concurrence est très rude entre les orchestres qui fleurissent en grand nombre à cette époque et il préfère très vite incorporer l’orchestre de Juan D’Arienzo au sein duquel il restera 10 ans en tant que premier bandonéoniste et arrangeur. Il y côtoie Cayetano Puglisi et Fulvio Salamanca et joue dans des établissements célèbres comme le Chantecler ainsi qu’en Uruguay.

En 1950, il fonde son second orchestre avec lequel il effectue ses premiers enregistrements tout en jouant à la radio et dans les hauts lieux du tango de Buenos Aires.

Plusieurs grands chanteurs intégreront sa formation musicale comme Armando Laborde, Argentino Ledesma et Rodolfo Lesica. Ses enregistrements connaissent un succès retentissant et les jeunes danseurs adorent sa musique. Sa popularité est si grande que l’afflux de personnes qui vont dans les cabarets où il joue, crée des embouteillages terribles !

Il voyage au Brésil et c’est d’ailleurs en souvenir de ce séjour qu’il a particulièrement aimé qu’il a composé Noches de Brasil. Certaines de ses compositions sont restées célèbres telles que Que tarde que has venido,Don Orlando, Azucar pimienta y sal , etc. ( voir note 1 ).

Que tarde que has venido

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Azucar pimienta y sal

En 1960, il participe à des émissions de télévision comme Grandes Valores del tango :


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Il disparaît en 1987 à l’âge de 73 ans.

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LE STYLE D’HECTOR VARELA

Le but d’Hector Varela était très simple : faire danser. C’est la seule chose qui comptait pour lui.

Sa musique se caractérise dès lors par deux traits majeurs, à savoir un rythme bien marqué qui met en relief une très belle mélodie.

Il n’était donc pas un théoricien soucieux d’apporter des innovations fondées sur une pensée musicale personnelle comme l’ont fait Osvaldo Pugliese, Rodolfo Biagi et Astor Piazzolla par exemple, même s’il faut tempérer cette affirmation en raison de sa participation très active à l’orchestre de Juan D’Arienzo qui a considérablement modernisé la musique de tango argentin.

Le rythme chez Varela est clair, limpide et facilement identifiable par les danseurs sans avoir toutefois les accents hypertrophiés de Florindo Sassone. Il se rapprocherait plutôt de celui de D’Arienzo ce qui n’est pas étonnant étant donné les longues années de collaboration avec lui.

El Africano

El Fustazo

La ligne mélodique à laquelle participe tous les pupitres est toujours recherchée, continue et linéaire. Il se démarque donc de Pugliese chez qui la mélodie était bien réelle mais définie par un rôle alternatif de différents instruments qui la tissaient et pouvait dès lors apparaître moins identifiable au premier abord.

Les tangos chantés sont particulièrement beaux notamment en raison de la qualité des voix des artistes dont il s’entourait comme Argentino Ledesma. La symbiose entre l’orchestre et la voix est souvent présente avec un équilibre subtil entre tous les musiciens et le chanteur, , et ce y compris dans les valses comme Palomita blanca, chose qui est toujours très difficile à réaliser. L’oeuvre vocale représente 44% du total de ses enregistrements ( voir note 2 sur les chanteuses et chanteurs ).

No me hablen de ella ( Lesica )

Fueron tres años ( Ledesma )

Palomita blanca

Il est dommage que Varela n’ait pas joué en même temps que Biagi quand celui-ci était dans la formation de Juan D’Arienzo. Il a toutefois été indirectement influencé par Biagi car D’Arienzo a poursuivi dans la voie ouverte par son ancien pianiste. Mais Varela s’en est démarqué sur un point : il a adopté un rythme fort mais non syncopé comme chez Biagi, en tout cas pas à ce point-là.

Le style de Varela a parfois été critiqué notamment par certains musiciens qui le trouvaient trop simple et populaire, notamment à partir de 1960, alors que ses ventes de disques culminaient à des sommets rarement atteints. Il a enregistré environ 625 morceaux. À peu près à cette époque, Juan D’Arienzo faisait aussi face à ce genre de critiques ; il était donc en très bonne compagnie ( voir la note 3 dans l’article concernant Florindo Sassone sur la notion de musique populaire ).

Les grands danseurs dansent encore sur sa musique de nos jours comme le montre cette vidéo de Sebastian Arce et Mariana Montes :


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NOTES

1) Attention ! Fumando espero est parfois mentionné dans certains écrits comme une composition d’Héctor Varela, mais c’est inexact. Ce tango a été composé par Juan Viladomat, et Corsini le chantait déjà. En revanche, une version de Varela existe et peut même être considérée comme une des plus belles, sinon la meilleure.

2) Outre ceux déjà cités, les chanteurs ayant collaboré avec Varela sont : Ernesto Herrera, Jorge Falcón, Marcelo Peña, Carlos Noguès, Fernando Soler, Jorge Rolando, Carlos Yanel, Raúl Lavié, Jorge Garré, Jorge Fontán Reyes.

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DISCOGRAPHIE

Voici un disque tout instrumental qui donne une idée précise du style de Varela :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La collection Reliquias permet de bien connaître ce musicien tant en ce qui concerne son oeuvre instrumentale que vocale :

Ce disque permet de bien connaître les trois principaux chanteurs de Varela :

Et les disques de collection toujours excellents s’ils sont écoutés sur du matériel adapté :

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