Le tango à Paris entre 1920 et 1955.

Femina 15 février 1914

Femina, 15 février 1914

En matière de danse et plus précisément de tango argentin, Paris offre un visage bien différent de celui qu’il présentait dans les années 1920 – 1955.

De nos jours, des débats ont lieu concernant l’offre de tango argentin le dimanche, considérée parfois comme trop importante par rapport à la population des danseurs qui se dispersent alors dans les milongas qui leur sont proposées avec toutes les conséquences que cela comporte pour elles sur leur taux de fréquentation, voire leur situation financière.

Inversement, des discussions portent aussi sur une offre jugée parfois insuffisante certains jours de la semaine ou bien à certaines périodes comme les fêtes de fin d’année. Ainsi, vingt milongas dominicales constituent un nombre estimé très conséquent alors que cinq milongas un jour de semaine est analysé comme insuffisant.

Dans les années 1920 – 1940, ces chiffres auraient fait sourire les amateurs de danse tant les établissements consacrés au tango argentin étaient nombreux. Rien que dans le « triangle d’or » Pigalle – Montmartre – Blanche, environ 20 établissements existaient qui étaient en outre extrêmement fréquentés sans discontinuer.

À ce quartier, il faut ajouter un autre lieu géographique très riche pour le tango – les Champs-Élysées. Sans oublier aussi le quartier de la Porte Maillot, ceux de l’Opéra et Montparnasse.

Les chiffres donnent le vertige et montrent que la répartition géographique des lieux de danse était beaucoup plus diversifiée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il n’était d’ailleurs pas rare qu’un orchestre de tango argentin joue l’après-midi dans un établissement (souvent sur les Champs-Élysées) et le soir dans un autre cabaret (souvent à Pigalle).
Francisco Canaro a parlé de la « furia parisienne pour la musique portègne » constatant l’engouement des gens à cette époque.

Au-delà de ce constat factuel, il convient de s’interroger sur les explications d’une telle différence entre deux époques et de ses conséquences.

Incontestablement, les gens dansaient beaucoup plus auparavant au sein de la société, sans même aborder la question des bals populaires alors que la population globale était largement inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui. La danse constituait un lien social très fort et il suffit pour s’en convaincre de constater le nombre de personnes s’étant rencontrées au bal puis mariées ensuite.

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Cet univers de danse était beaucoup plus agrégatif qu’aujourd’hui, les frontières moins marquées. C’est une des explications de la proximité du jazz et du tango sur le plan musical. Il n’était pas rare en effet que des musiciens chevronnés de tango argentin aient eu aussi un jazz-band à un moment de leur carrière (ce fut le cas de Roberto Firpo et de Francisco Canaro par exemple). On retrouve aussi cette cohabitation au sein même des lieux de danse car ces cabarets consacrés au jazz pouvaient aussi accueillir des orchestres de tango argentin. Au demeurant la revue Jazz Tango Dancing au titre très clair en dit long sur cette proximité.

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De nos jours, les lieux de danse sont plus thématiques même si on trouve encore, et fort heureusement, des lieux où l’on peut danser le tango argentin et des danses de salon selon les jours (comme au Chalet du Lac) voire au cours d’une même journée (comme à Abrazo Tango). Cette pluralité d’établissements et de cabarets avaient aussi une différence de nature avec ceux d’aujourd’hui. Ils étaient polyvalents pour la majorité d’entre eux : on pouvait y dîner ou y souper, boire un verre, danser, alors qu’aujourd’hui, les établissements sont dans leur majorité des cas dédiés à la danse, et à elle seule, soit en raison d’un choix délibéré soit parce que l’espace ou la configuration du lieu ne se prêterait guère à une offre aussi diversifiée (manque d’infrastructures, respect des normes) sans même parler du coût financier qui serait induit en dépenses de personnel et en loyer.

Un point crucial concerne aussi la musique et plus particulièrement le nombre d’orchestres qui jouaient. On a du mal à imaginer aujourd’hui la richesse de l’offre musicale de cette époque où un danseur avait l’embarras du choix et pouvait hésiter entre aller dans un lieu où jouait Francisco Canaro, Bachicha, Pizarro, Lucchesi, Pesenti, etc., où chantaient parfois Carlos Gardel et souvent Juan Raggi, Luis Scalon et bien d’autres. Il n’était donc pas rare que des danseurs aillent dans plusieurs établissements au cours de la même soirée, sachant que certains étaient situés à quelques mètres les uns des autres.

Le contact des danseurs avec la musique était dès lors beaucoup plus fort pour deux raisons majeures. En premier lieu, l’orchestre, véritable chef de la soirée créait l’ambiance, guidait ou s’adaptait à la piste ce que ne pourront plus faire par la suite même les meilleurs DJ. Un exemple : un DJ peut guider ou s’adapter à la piste mais il reste inévitablement lié un paramètre fixe constitué par l’enregistrement d’un morceau à la durée immuable sur lequel il ne peut absolument rien changer, ni le tempo, ni le timbre des instruments, (même si des moyens techniques permettent de le faire, mais on en ressent les effets sur le timbre et la couleur), ni mettre en valeur un instrument pour des raison très précises (solos de violon, accords plus puissants du piano, accentuation ou diminution du rubato), etc. Quant au chanteur ses possibilités de variation de l’expression vocale sont beaucoup plus riches et diverses quand il chante en vrai (slancio, effets variés, chant piano ou forte, morbidezza accentuée ou non) alors qu’au disque la voix est inéluctablement figée aussi belle soit-elle.

En second lieu, un orchestre ne joue jamais un morceau de la même façon et donc les danseurs se devaient d’être constamment dans une écoute active puisque leur danse était évidemment en symbiose avec la musique et sa poésie. C’est elle qui dictait la danse et non les gestes qui étaient faits sur une musique interchangeable. Par conséquent les danseurs étaient d’une grande exigence sur les orchestres et les chanteurs, le public pouvant être sévère voire impitoyable, phénomène que l’on retrouve dans plusieurs pays notamment l’Espagne.

Cette communion avec les orchestres et les musiciens avait aussi comme conséquence une meilleure connaissance de la musique, des instruments et de leur utilisation. Un exemple : la perception auditive et la vue simultanée d’un instrument définit une relation musicale tant pour le son que le marquage du rythme ou de la ligne mélodique. Avec un disque, ce phénomène est beaucoup plus difficile à faire, voire impossible, et c’est probablement un des facteurs explicatifs de la méconnaissance de l’univers sonore propre à chaque instrument auquel est confronté une partie du public. Se réalise donc de nos jours les craintes que Stravinsky de façon prémonitoire annonçait en 1935 (voir note 2 de l’article consacré à l’écoute active de la musique).

C’est donc dans tout ce contexte qu’existaient les cabarets, salons, parfois théâtres, où l’amusement, la joie, la fête, les dîners et soupers et la danse constituaient un univers de liesse générale pouvant être jubilatoire, monde à part ou simple parenthèse joyeuse pour fuir le quotidien, dans un contexte dont il ne faut pas oublier qu’éblouissant pour la danse, il était loin d’être éclatant en matière économique et financière (les crises économiques de 1920 – 1921, 1924 et surtout celle de 1929), avec des crises politiques et surtout des tensions internationales qui conduiront à la Seconde Guerre mondiale.

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Voici quelques lieux du Paris de cette époque avec parfois quelques illustrations. Ce sujet est rendu complexe par le fait que des sources peuvent être parcellaires, contradictoires, certaines manifestement erronées. La tâche est rendue encore plus difficile en raison de la pluralité d’établissements portant des noms différents qui se sont succédé à une même adresse.

Cette liste n’est pas exhaustive car il a fallu faire des choix.

Par ailleurs, la plupart des établissements cités ont disparu et ont laissé la place à des immeubles impersonnels ou à des magasins d’alimentation sans saveur que l’on retrouve à l’identique dans la majorité des pays (voir note 1).

Ce qui faisait alors le charme et l’identité de ces établissements, seuls les textes, des dessins ou des photos, sortes de vastes mémoires peuvent les transmettre.

De même que le tango argentin a connu son âge d’or musical entre 1935 et 1955, il a aussi connu son âge d’or en matière de danse en France durant la période 1920 – 1955 environ.

Ce monde est révolu et appartient à une période très précise, à une phase de l’histoire. La question qui se pose alors est de savoir si ce monde pourrait renaître ? Certains estiment qu’une page est définitivement tournée et que ce monde a disparu à jamais. Au-delà de ce constat qui peut être vrai (seul l’avenir le dira), il n’est pas interdit de penser que ce monde peut renaître dans une forme actualisée à l’instar de phénomènes qui se produisent au sein de la société qui se caractérisent par une forme de retour aux sources mais adaptées au monde moderne (une réplique à l’identique n’aurait que peu d’intérêt). D’ailleurs le tango argentin a connu ce phénomène à plusieurs reprises (cf. le renouveau opéré par Julio De Caro, le retour au rythme originaire du tango opéré par Juan D’Arienzo, la reprise du pouvoir des orchestres sur les chanteurs à une certaine époque, etc.) infirmant en cela les affirmations péremptoires du Washington Post qui annonçait haut et fort la mort du tango… dès 1920 !

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Plutôt que de classer les lieux par ordre alphabétique, j’ai choisi l’option d’une présentation par quartier entendu au sens large, à savoir Pigalle – Montmartre – Blanche, les Champs-Élysées, l’Opéra, La Porte Maillot, Montparnasse.

Pigalle – Montmartre – Blanche

1) El Garrón et le Palermo, 6 rue Fontaine.

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Des photos historiques d’El Garrón prises en 1925.
Photos Séeberger Frères (qui étaient appelés les photographes de l’élégance).
Crédit photo : Ministère de la Culture (France) – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine – diffusion RMN.

El Garrón succède au Princess et était un des hauts lieux du tango argentin à Paris, sinon le lieu principal, où se côtoyaient des personnes d’horizons variés (musiciens, diplomates, danseurs célèbres, etc.) et de diverses nationalités (Français, Japonais comme le baron Megata et de nombreux Argentins qui aimaient s’y retrouver).

En bas était situé le Palermo qui était un bar-dancing. L’orchestre Bianco-Bachicha y joue souvent fin 1925.
On peut aussi observer sur la première photo l’inscription en façade « Théâtre des Deux Masques ». Ce dernier en tant que tel n’existait plus en 1925 (il avait fermé l’année précédente après 26 ans d’activité, sachant qu’en raison d’une expropriation, il était arrivé dans ce lieu des années plus tôt). Par conséquent sa salle était consacrée à une autre activité, très probablement la danse.
Il tenait son nom de deux médaillons représentant la comédie et la tragédie (et non le rire et la peur comme l’avancent certaines sources).

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A noter la cohabitation du tango et du jazz comme le montrent les enseignes.

 

Cet établissement situé au 6, rue Pierre Fontaine, près de Pigalle était à deux pas de l’atelier où avait emménagé André Breton en 1922 qui fréquentait assidûment le café Cyrano au pied du Moulin Rouge.

Ce cabaret n’existe plus. En 1971, Fernand Dally ouvre à cette adresse  Chez Fernand Dally, établissement qui a disparu.

De nos jours, c’est le Bus Palladium qui est installé à cette adresse qui conserve ainsi au lieu son activité artistique précieuse.

2) Le Chantilly, 10, rue Fontaine.

Etablissement qui a connu son heure de gloire dans les années 1930 sous le nom de Boîte à Matelots dont la direction était assurée par Léon Volterra. Les grands orchestres y ont joué (Quintin Verdu, A.J. Pesenti notamment).

Il est abandonné par ses propriétaires à la Libération qui craignaient d’être inquiétés en raison de ses activités liées au marché noir durant la guerre.
Il est alors repris par Jean Richard et André Puglia en 1951 et devient le Théâtre Fontaine où joueront Louis de Funès, Raymond Souplex, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Jean Poiret, Pierre Desproges, etc.

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Orchestre Quintin Verdu au Chantilly

 

Besamo mucho par Quintin Verdu et Ricardo Bravo

Besamo mucho par Quintin Verdu et Ricardo Bravo

Poema par A.J. Pensenti et Nena Sainz

Poema par A.J. Pensenti et Nena Sainz

3) Le Florida, 20, rue de Clichy.

Situé à l’intérieur du Théâtre Apollo qui était une des plus célèbres salles de music-hall qui disposait d’une salle amovible révolutionnaire pour l’époque (le basculo).

La création française de la Veuve Joyeuse de Franz Lehár a eu lieu ici en 1909.
Carlos Gardel y a chanté mais contrairement à une idée reçue et largement répandue, il n’a pas fait ses débuts parisiens dans cette salle mais quelques jours plus tôt au cours d’un gala au Théâtre Femina qui était situé au 90, avenue des Champs Elysées.

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A noter que Pizarro n’était pas loin et jouait simultanément avec un orchestre de jazz.

Dans cette salle, Francisco Canaro joue dès l’année de son arrivée à Paris avec les chanteuses Teresa Asprella et Linda Telma. Ce lieu a tellement marqué Canaro que bien plus tard il dira « Au Florida les représentations ont été le plus grand succès de ma vie« . C’est à cette époque qu’il introduit un instrument nouveau dans sa formation musicale – la scie musicale – que son frère Rafael avait la charge de jouer. Il décrit aussi dans ses Mémoires la piste lumineuse de cet établissement et sa clientèle variée dont faisaient partie certains artistes très célèbres comme Rudolph Valentino, le pianiste Arthur Rubinstein, le violoniste Jasha Heifetz.

Bachicha y joue aussi en 1926 et 1928 avec un orchestre de vingt musiciens.

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Francisco Canaro au Florida en 1925

 

Poema par A.J. Pensenti et Nena Sainz

Una noche de reyes par Canaro avec Irusta et Fugazot (7 septembre 1927).

 

Cet établissement fermait ses portes à 3 heures et donc rien n’empêchait les danseurs de poursuivre la soirée à El Garrón qui, lui, fermait à 6 heures.

4) La Feria, 16 bis, rue Fontaine.

Son directeur est une célébrité : Casimiro Aín considéré comme l’un des tout premiers danseurs de tango argentin au monde.

A cette même adresse, le Zelly’s lui succèdera.

5) Le Melody’s, 26, rue Fontaine.

6) La Cabane Cubaine, 42, rue Fontaine.

Bien que ce lieu ne soit pas spécialisé dans le tango, des soirées lui ont été consacrées.

7) Le Monico, 9, Place Pigalle.

De tous les lieux où l’on dansait, celui-ci est probablement le plus riche sur le plan artistique et assurément le plus compliqué au niveau historique.

Avant d’être le Monico, à cet emplacement était le café dénommé La Nouvelle Athènes dont l’architecture s’inspirait de l’Antiquité, fréquenté entres autres par les peintres impressionnistes les plus célèbres (voir note 2). Alors qu’ils se réunissaient le plus souvent au Café Guerbois situé 9, Grande rue des Batignolles, le jugeant trop bruyant, ils se réunissent au café de La Nouvelle Athènes créé en 1871, au 9, de la Place Pigalle.

Ainsi Monet, Manet, Renoir (qui habite rue Cortot), Pissarro, Degas, Sisley, etc., sont familiers du lieu, tout comme des écrivains tels que Verlaine, Mallarmé, Zola, Richepin qui a écrit sur le tango argentin (voir note 3).

C’est dans ce café que les Impressionnistes ont créé leur journal.

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Dans un Café, Degas.

 

La Prune, Manet

La Prune, Manet

C’est dans ce lieu en 1876 que Degas a peint Dans un Café (l’Absinthe), alors que Manet y peignait La Prune deux ans plus tard . Contrairement à ce qu’indiquent certaines sources, il est inexact d’affirmer que Degas, incognito, a peint telle scène ou cliente qui l’inspirait. En réalité, il demande à deux de ses amis, Ellen Andrée (actrice) et Marcellin Desboutin (graveur) de poser pour lui. C’est probablement Ellen Andrée qui pose aussi pour le tableau de Manet.

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Cette oeuvre intitulée La Buveuse d’absinthe (1890) d’Albert-Emmanuel Bertrand est très intéressante car c’est une des très rares oeuvres a montré la Place Pigalle vue de l’intérieur du café (voir note 4).

 

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Au café La Nouvelle Athènes succède le Monico, puis le New Monico. Ces deux photos montrent donc deux époques différentes : le Café La Nouvelle Athènes (photo supérieure) et le New Monico (photo inférieure) dont on peut lire le nom juste au-dessus du premier étage, au niveau du toit.

Très vite après son arrivée à Paris, Manuel Pizarro y a donné des cours de tango (au premier étage).
Il y a joué jusqu’en 1930.

Ensuite, se succèdent d’autres cabarets comme le Narcisse et le Sphinx qui était un cabaret de streap-tease.

8) Le Perroquet, 16, rue de Clichy.

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Situé au sous-sol du Casino de Paris. Canaro anima plusieurs soirées dans ce lieu. Cet établissement existe toujours bien qu’il ne soit plus consacré au tango.

Genaro Espósito anime plusieurs soirées avec pour caractéristique un orchestre composé de nombreux musiciens.

9) Théâtre Pigalle, 12, rue Pigalle.

10) Le Pigall’s, 77, rue Pigalle.

Etablissement situé au-dessus de ce qu’était auparavant le Rat Mort qui était une brasserie fréquentée par Manet, Degas, qui tenait son nom de l’odeur désagréable qui y régnait, etc.

C’était un célèbre lieu de danse, notamment de tango argentin dans le Paris des Années folles. Une salle grande et tout en longueur au décor riche et chargé, une clientèle cosmopolite, l’ambiance y était festive mais pouvait vite tourner mal ou à la catastrophe.

Manuel Pizarro y joue souvent.

 

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Cette photo sans date peut se situer entre 1931 et 1938, années durant lesquelles le Bricktop, encore appelé Bricktop’s Monico était installé au 66, rue Pigalle (Ernest Hemingway, Picasso, Joséphine Baker y venaient et surtout Sidney Bechet, Django Reinhart, Louis Armstrong et Duke Ellington…).

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Cette photo du Pigall’s pourrait être la meilleure illustration de ce qu’était le tango à Paris ces années-là. Mais surtout, cette photo montre la richesse de l’offre à la disposition des danseurs. On remarque en effet que sur un espace extrêmement réduit, deux lieux de danse se côtoyaient : le Pigall’s et le New Monico. A quelques minutes à pied, au bas mot 18 autres établissements attendaient les danseurs comme El Garrón, le Palermo, etc. !

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La toile de Pierre Sicard (aujourd’hui propriété du Musée Carnavalet) qui a immortalisé l’une des soirées du Pigall’s. On y remarque des musiciens dont un saxophoniste, un trompettiste et un guitariste, ce qui conduit à penser que c’était une soirée consacrée au jazz.
Aux robes et habits de soirée se mêlent quelques déguisements, des masques et des plumes.
La soirée bat son plein ce qui se remarque à des détails : on distingue les gâteaux dont un fraisier, en haut à droite un homme, en smoking, debout, ayant sans doute dégusté quelques bons verres lève le sien à on ne sait qui, derrière lui une femme semble haranguer une autre située bien loin, le groom a son chapeau complètement de travers, le guitariste de droite lance très haut sa jambe gauche.
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Toujours Pierre Sicard mais deux ans auparavant (1923). Très probablement le Pigall’s. A noter la présence du couple situé à l’extrémité gauche que l’on reverra sur la toile de 1925 assis à une table.
11) Pile ou Face, 59, rue Pigalle.
12) Florence (ou chez Florence), 61, rue Blanche.
La salle décrite comme petite et carrée accueille aussi les danseurs de tango.
13) Côte d’Azur, Place blanche.
14) Mikado, 55, boulevard Rochechouart.
Salle de music-hall connue successivement sous le nom de Charleston (1928 – 1950) puis de Carlton et de Mikado.
Mistinguett, Maurice Chevalier s’y produisirent.
Bandoneón arrabalero par José Lucchesi

Nostalgias par Melfi et Plana

15) Coliseum, 65 rue Rochechouart.
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Encore appelé le Duque’s Dancing.
La cantatrice Cesbron Norbens y chante des tangos. L’orchestre de Tito Henriotti y joue régulièrement.

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16) Le Moulin Rouge, Place Blanche.

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Célèbre cabaret parisien fondé en 1889 par Joseph Oller et Charles Zidler, à la clientèle cosmopolite, un des lieux emblématiques de la capitale en matière de fête, de plaisir, immortalisé par Toulouse-Lautrec. Valentin le Désossé et la Goulue y dansent. Un des hauts lieux de l’opérette. Mistinguett en est une des vedettes incontestées.

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Un incendie terrible le détruit en 1915. Il rouvre six ans plus tard. On retrouve Mistinguett et ses célèbres revues comme Ça c’est Paris, puis de nouveaux artistes comme Joséphine Baker (elle y chante J’ai deux amours, Maurice Chevalier, Jean Gabin pour ne citer qu’eux).

17) Le Capitole, 58, rue Notre Dame de Lorette.

L’orchestre de Bianco y joue avec succès.

18) Le Palace, 8, rue du Faubourg Montmartre.

Manuel Pizarro y joue en octobre 1928.

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19) Abbaye de Thélème, 1, Place Pigalle.

Du nom de la première utopie de la littérature française, décrite par Rabelais dans Gargantua. Cet établissement y faisait aussi référence par l’inscription de la devise « Fais ce que voudras »  présente dans ce livre. Les serveurs étaient habillés en moines, les serveuses en moniales. Chaque salle avait un décor en rapport avec un épisode du célèbre livre de Rabelais.

On y joue du jazz dès 1922.

En 1934, elle devient La Noce puis Chez O’dett en 1938 et Le Chapiteau en 1940.

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Dans ce lieu a joué notamment Genaro Espósito.

20) Zellis, 16 bis rue Fontaine.

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Site de Parisienne de Photographie en cliquant ici.

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Sentimiento gaucho par Horacio Pettorossi

 

21) Le Bal Tabarin, 36, rue Victor-Massé.

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C’était une véritable institution au décor Art Nouveau qui a vu le jour en 1904. Le succès a été très rapide. A la suite de l’incendie du Moulin Rouge en 1915, il accueille sa troupe de French cancan.

Le bar du Tabarin

Le bar du Tabarin

Le succès déclinant, il est transformé en une piste de patinage à roulettes.

Il ferme en 1953 et est démoli en 1966.

Vous pouvez voir quelques animations du Bal Tabarin en cliquant ici et un court film de 1929 en cliquant ici.

 LES CHAMPS-ELYSEES

A l’époque, ce quartier était un des hauts lieux du tango.

1) Ermitage, 72, avenue des Champs-Elysées.

Canaro et son orchestre y jouent. De même que Genaro Espósito, Manuel et Salvador Pizarro.

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A noter la pancarte en bas à droite.

2) Carlton, 119, avenue des Champs-Elysées.

3) Embassy, 136, avenue des Champs-Elysées.

Succède à l’éphémère Théâtre de l’Etoile (1923 – 1926).
Anciennement appelé  » Volterra », Bachicha y joue en 1927. Devient le Panache et La joie dans la cave.

Manuel Pizarro y joue souvent l’après-midi avant de rejoindre l’un des cabarets de Pigalle en soirée. Son frère Salvador assure de nombreuses animations musicales en 1932 alors que son frère est en tournée.

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Misa de once par Salvador Pizarro

4) Claridge, 74 avenue des Champs-Elysées.

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Genaro Espósito et Domingo Pizarro (un des frères de Manuel Pizarro) enchantent la clientèle de danseurs.

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La piscine du Claridge

 5) Mimi Pinson, 79, avenue des Champs-Elysées.

Son nom a pour origine le titre d’un poème d’Alfred de Musset paru dans Le Diable à Paris.

C’est un des rares lieux consacrés à la danse qui existe encore. Il s’appelle aujourd’hui le Club 79.

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Linda flor par José Lucchesi

6) Le Lido, 78, avenue des Champs-Elysées.

Initialement, il y avait un hôtel particulier à cette adresse comportant, en sous-sol, une plage artificielle. Quand il a été démoli, on a construit en 1928, une galerie marchande (les Arcades) avec en sous-sol une piscine.

Léon Volterra, en 1936, transforme le lieu en salle de spectacle grandiose qui devient un des cabarets les plus connus dans le monde.

Manuel Pizarro se produit à plusieurs reprises dans cette salle.

De nos jours, le Lido est au 116, avenue des Champs-Elysées.

7) Berry, 92, avenue des Champs-Elysées.

8) Les Champs-Elysées, 61-63, avenue des Champs-Elysées.

9) Les Ambassadeurs, 1,avenue Gabriel.

Cet établissement a souvent été la source d’erreurs notamment dans certains articles argentins. Il ne s’agit pas d’un salon ou du restaurant de l’Hôtel Crillon dénommé aussi Ambassadeurs et situé Place de la Concorde, mais d’un café à ciel ouvert qui était situé un peu plus loin, fondé en 1764. En 1772, un pavillon est ajouté assurant plus de confort pour la clientèle et lui permettant de danser aussi bien l’été que l’hiver.

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Il est démoli en 1929. Aujourd’hui à cet emplacement se trouve l’Espace Cardin.

10) L’Empire, 41 avenue de Wagram.

Connu avant 1913 sous le nom d’Etoile Palace, vaste salle de spectacle.

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Démoli en 1921, il rouvre en 1924 sous le nom de Théâtre de l’Empire où se produit Manuel Pizarro et accueille notamment des spectacles de music hall, de cirque et d’opérette avec notamment Luis Mariano dans La Belle de Cadix. En 1975, la Société Française de Production (S.F.P.) devenue propriétaire des lieux le transforme en studio d’enregistrement pour des émissions de télévision (c’est dans ce lieu que l’émission de Jacques Martin, Dimanche Martin dont faisait partie l’Ecole des fans avait lieu ainsi que les Mardis du Cinéma de Pierre Tchernia et la Nuit des Césars).

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Cet établissement n’existe plus. Il a été démoli en 2005 suite à une explosion.

11) Washington Palace, rue de Magellan.

L’orchestre Bianco – Bachicha y joue en 1925.

Pizarro y joue en 1927.

11) Les Acacias, 49, rue des Acacias.

José Schumacher (El Inglesito) et son orchestre y jouent plusieurs fois.

12) Boeuf sur le Toit, rue Pierre Ier de Serbie.

13) Salle Wagram, 39, avenue de Wagram.

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Derecho viejo par Bianco

 

14) Chiquito, 34, rue du Colisée.

15) L’Aiglon, 11, rue de Berri.

Manuel Pizarro en sera propriétaire. A son retour en France après la Seconde Guerre mondiale, il y joue en 1951.

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16) Le Bagdad, 168, rue du Faubourg Saint-Honoré.

Cet établissement accueillait spectacles, thés dansants, orchestres de jazz réputés.

17) Magic City, quai d’Orsay.

Il s’agissait d’un parc d’attractions ouvert de 1900 à 1934 situé rive gauche. Il donnait tant sur le quai d’Orsay (à la hauteur du Pont Alexandre III) que sur la rue de l’Université.

Ce lieu était célèbre pour son Bal des travestis de la Mi-Carême, considéré comme la plus importante manifestation des nuits homosexuelles de la capitale, et qui avait régulièrement lieu depuis 1920. Le photographe Brassaï y fait des photos célèbres.

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Photo Brassaï, 1931

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Ce parc ferme le 6 février 1934 sur décision des autorités mais la grande salle continue son activité pour diverses activités dont la danse. On note cependant une évolution en ce qui concerne le célèbre bal car il est précisé que « pour répondre à certaines critiques, la direction du Magic City prévient sa clientèle qu’elle assistera à un bal costumé très gai, mais de bon goût, auxquels les hommes travestis en femme ne seront pas admis ».

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A noter le nombre considérable de femmes qui dansaient avec un chapeau.

Une partie des bâtiments au 15, rue Cognacq-Jay a été occupé pendant de longues années par des studios de radio et de télévision (R.T.F. et O.R.T.F.) avec la célèbre expression finale du journaliste ou commentateur « A vous Cognacq-Jay ! », référence directe à ce lieu (un exemple en cliquant ici).

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1) Pavillon Dauphine, Place du Maréchal de Lattre de Tassigny.

C’est dans ce lieu que le célèbre orchestre Genaro-Pizarro fait ses débuts en France en 1921.

2) Luna Park, Porte Maillot.

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Il s’agissait d’un parc d’attractions qui a ouvert en 1909 et qui restera en activité un quart de siècle. Parmi les attractions figuraient notamment le Scenic Railway, le Pont de Brooklyn, les Roues Diaboliques, la Water Chute.


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Il est démoli en 1948, et reste un terrain vague.
En 1973, sur cet emplacement, est construit le Palais des Congrès.

Mais c’est évidemment la salle de bal qui retenait l’attention des danseurs, particulièrement grande et impressionnante.
Des manifestations sportives comme l’escrime y étaient aussi organisées.

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A noter l’enseigne « Dancing » sur le toit blanc à gauche et la structure des fenêtres que l’on retrouve sur la photo du dessous.

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3) Miami, Porte Maillot.

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1) Grand Ermitage moscovite, 24, rue Caumartin.

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2) Le Robinson, 16, rue Volney.

Salvador Pizarro, l’un des frères de Manuel Pizarro y joue souvent.

3) Café de Paris, 41, avenue de l’Opéra.

4) L’Olympia,28 boulevard des Capucines.

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Initialement, il s’agissait d’une attraction – les montagnes russes – datant de 1888 et créée par Joseph Oller qui avait fondé le Moulin Rouge et le Pari Mutuel. Jugée trop dangereuse par la préfecture, cette attraction est démolie et remplacée par une salle de spectacle en 1893. Tout au long de son histoire qui dure encore, des artistes célèbres ont foulé ses planches de Damia aux Rolling Stones.

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L’orchestre de Quintin Verdu y joue souvent.

5) Salon Louis XVI au 17, rue Caumartin.

6) Sans Souci, 17, rue Caumartin.

Ces deux photos du Jardin de ma Sœur illustrent la difficulté de la détermination des lieux de danse à Paris et la richesse historique du tango à Paris.
Situé au 17, rue Caumartin à Paris, ce lieu où l’on dansait le tango s’appelait auparavant Cadet Rousselle puis le Sans Souci (dès 1922) et on y dansait le tango.
Il existe un lien direct entre ce lieu et le célèbre tango  Sans Souci. Son compositeur Juan Carlos Cobían était un client assidu de ce lieu et il donne le nom de ce cabaret à son morceau que Caló immortalisera par la suite et sur lequel nous dansons souvent aujourd’hui.

Genaro Espósito et Pizarro s’y produisent plusieurs fois.

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MONTPARNASSE

1) La Coupole, 102, boulevard du Montparnasse.

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La mention « Dancing » apparaît à droite sur le store.

Le dancing ouvre ses portes en 1927.
De grands orchestres s’y produisent comme ceux de Bachicha-Bianco (après la dissolution de cet orchestre, Bachicha et sa nouvelle formation y ont joué jusqu’en 1960) et de Rafael Canaro.

Henri Martinie  1936

Photo d’Henri Martinie (1936) de Bachicha à La Coupole.

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Paciencia, Rafael Canaro et Luis Scalon (1938)

Donde estas corazón par Bachicha avec Teresa Asprella et Juan Raggi

Donde estas corazón par Bachicha avec Teresa Asprella et Juan Raggi

2) Parnasse, 9, rue Delambre.

On y joue du tango notamment en janvier 1950.

3) Bobino, 20, rue de la Gaîté.

Salle de music-hall après la Première Guerre mondiale qui accueille Bachicha.
De nombreux artistes s’y produisent comme Mayol, Damia, Joséphine Baker, Piaf, Guétary, Raymond Devos, Coluche, etc.

4) Bal Bullier, 31, avenue de l’Observatoire.

De tous les lieux de danse, cet établissement est probablement celui qui a été le plus représenté en peinture par des artistes aussi variés que William Glackens, Ludovic Vallée, Sonia Delaunay, etc., et le plus éclectique.

Par rapport aux grands foyers de danse de la capitale, il est excentré géographiquement. Pendant longtemps, il a été le plus grand bal de Paris.

William Glackens, 1895

William Glackens, 1895

Il a été créé par François Bullier (un ancien employé du bal de la Grande-Chaumière) qui rachète le bal du Prado d’Eté situé rue de l’Observatoire. Il plante des centaines et des centaines de lilas (d’où le nom de Closerie des Lilas de la future célèbre brasserie voisine) sachant que cet établissement s’appelait ainsi à une époque.

Ludovic Vallée, 1902

Ludovic Vallée, 1902

Réquisitionné pendant la Première Guerre mondiale, il rouvre ses portes en 1920 sous le nom de Bal Bullier ou Closerie des Lilas. Il ferme définitivement en 1940 et est démoli pour laisser la place à un C.R.O.U.S.

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Sonia et Robert Delaunay y dansaient souvent le tango.

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Le Bal Bullier, Sonia Delaunay (1913) qui avait pour titre lors de sa présentation à Berlin : Tango au Bal Bullier ; Mouvement, couleur, profondeur, danse Bullier

C’est dans ce lieu que l’Union des Artistes Russes à Paris y organise son Bal de la Grande Ourse en 1925.
C’est aussi au Bal Bullier que le Bal de l’Internat a lieu de 1897 à 1902 annoncé par des affiches très originales.

Indépendamment de la danse, cette salle a aussi été le lieu de réunions politiques de divers partis ou associations comme en 1933 avec Léon Blum pour lutter contre le nazisme, le mouvement des commerçants en 1933, le Parti communiste avec Jacques Duclos en 1935 pour revendiquer des droits sociaux qui seront votés un an plus tard avec le Front Populaire, le Meeting des Anciens Combattants en 1935 , etc.

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L’illumination du tango par Paris a été si forte que de nombreux morceaux y font directement référence dans leurs titres ou indirectement dans les paroles : Noches de Montmartre, Canaro en Paris, Una Noche en el Garrón, Madame Yvonne, Moulin Rouge (De Caro l’enregistre en 1941), A Montmartre, Adiós Paris (foxtrot de Canaro), La que murio en Paris (Canaro et Famá l’enregistrent en 1932), Sans Souci, (dont Caló a enregistré une fabuleuse version en 1944), Amo a Paris, Mañanitas de Montmartre, Parisina, (enregistré par Canaro en 1931), Anclao en Paris, Recuerdos de Paris, Araca Paris, Cieguito de Montmartre (enregistré par Rafael Canaro), etc.

C’est aussi à Paris que Pascual Contursi écrit les paroles de Bandoneón Arrabalero.

NOTES

1) Les éditions Parigramme consacrent leurs ouvrages à plusieurs aspects de Paris, notamment le Paris « enseveli ».
Ces livres bien documentés et de très haute qualité (dont un livre exceptionnel sur Notre-Dame de Paris) permettent de voir l’évolution de la ville dans ses aspects positifs et négatifs mais aussi l’abîme qui sépare la sphère privée de la sphère publique dès que l’on aborde le territoire dans ses diverses composantes. Ainsi pour des travaux modestes, dans certains cas, un particulier devra obtenir une autorisation préalable (ou de conformité à tel ou tel texte) loin d’être acquise. En revanche, l’autorité publique a pu accorder son feu vert à des modifications ou à des créations dont on peut légitimement se demander si, au-delà de leur légalité, elles correspondent à un réel besoin et participent à une saine et juste allocation des ressources.

Voici quelques livres très intéressants :

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paris-annees-folles-540dbd6922e3d
paris-mythique-couve-513844c00cd52
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2) De façon plus générale, la Nouvelle Athènes est le nom qui a été donné au quartier au début du XIXe siècle alors que la mode était à l’hellénisme qui correspond aujourd’hui à peu près au quartier Saint-Georges.

Avant les Impressionnistes, Delacroix, Chopin, George Sand y vécurent ou y travaillèrent.
Après les Impressionnistes et plus tard, dans les années 1930, les musiciens de jazz s’y produisirent (Duke Ellington, Louis Armstrong) et aussi Django Reinhardt, Stéphane Grapelli, etc.

3) Jean Richepin prononce un discours le 25 octobre 1913 lors de la Séance publique annuelle des Cinq Académies dont le texte est disponible en cliquant ici.

4) En agrandissant la photo, on voit l’inscription « La Nouvelle Athènes » écrite à l’endroit à l’intérieur du store. Je ne partage pas l’analyse consistant à y voir une « erreur » du peintre ou un jeu de miroir. S’il est vrai que les peintres, et notamment ceux de cette époque, pouvaient volontairement faire des « erreurs » dans leurs tableaux dans un but esthétique (reflets impossibles, image reflétée inexacte, etc.), on peut penser ici que l’inscription était réellement écrite à l’endroit sans jeu de miroir et destinée  à la clientèle de l’intérieur du café comme c’est la cas de nos jours dans certains cafés.

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