Le Tango de Rémi Hess

Le livre Le Tango de Rémi Hess paru en 1997 aux P.U.F. ( Collection Que sais-je ? ) est très intéressant et permet de connaître les grandes lignes des différents aspects du tango argentin, principalement son histoire et ses musiciens les plus notoires, etc.

Je reproduis ci-après les notes de lecture de Michel Raynaud que je remercie chaleureusement pour avoir accepté de nous  faire partager son travail de synthèse qui est d’autant plus précieux que ce livre est aujourd’hui épuisé :

Giraudet , en 1900, recense 6000 danses. P.9.

Olivio Bianquet, dit «  El Cacha » ou «  El Cachafaz », 1879  – 1942.
Mort au dancing de Mar del Plata. P.16.

Rupture chorégraphique, homme, femme, pas différents, introduction des figures dans le couple et suspension du déplacement et du mouvement. P.17.

Carlo Vega : «  La proximité des danseurs est une nécessité dans un espace surpeuplé, avec de plus une vitesse de circulation du bal qui n’est pas constante ». P.22.

Les danseuses sont en attente constamment, à cause de l’improvisation de chaque pas. P.30.

La perception des danseurs ( intérieur) est différente de la perception des spectateurs ( extérieur ). Les spectateurs observent le haut du corps en attribuant une valeur érotique, alors que les danseurs situent ce rôle au niveau des membres inférieurs ! Les couples se sentent en folie de création partagée. P.33.

La transmission orale de la danse s’est conservée, même à l’heure actuelle. Il n’y a pas de dénomination explicite de figures, au sens des figures des danses standard.

Style elegancia ou compás, ou salon : essentiellement la marche.
Style fantasia, sur la scène, ou tango for export.
Style canyenge, plus proche des origines.
Style club ou milonguero. P.45.

Septembre 1990. Quais de Seine, Nathalie Clouet, Michèle Rust, Bertrand Laurent. P.48.

Tango milonga, instrumental, tempo marqué.
Tango romanza, texte plus romantique.
Tango cancione, vocal. P.61.

El guapo, ou compadre. Caïd, pieds dans le sol, justice du quartier.
El compadrito, bagarreur, fier de lui.
El compadron, lâche, emploi subalterne .
El malevo, malfrat. P.107.

«  On jouit d’appartenir ensemble, à cette culture tango » .P.116.

La Guardia Vieja. 1900 – 1915.

Angel Gregorio Villoldo né à Buenos Aires, 1868 – 1919.

Rodendo Mendizabal, 1868 – 1913. Pianiste afro-argentin, professeur au conservatoire, a composé El Enteriano.

Alfredo Gobbi, 1877 – 1938.

Alfredo Antonio Bevilacqua, 1874 – 1942.

Manuel O. Campoamor. Pianiste et compositeur, La Cara de la Luna. 1901.

Carlos Posadas, compositeur de El Toto, 1874 – 1918.

Alberico Spatola, compositeur, 1885  – 1941.

Juan Maglio, bandonéoniste, dit « Pacho » a composé : Un Copetin, Un Sabado Inglès, Armenonville. 1880 – 1934.

Arturo Hermann Bernstein, bandonéoniste, 1882 – 1935.

Luis Teisseire, flûtiste et compositeur de Entrada Prohibida, 1883 – 1960.

Domingo Santa Cruz, 1884 – 1931. Bandonéoniste, a composé : Union Civica, El Viejo, Recuerdos, Hernani.

Samuel Casriota, 1885 – 1932. Guitariste, puis pianiste, compositeur de Flor de Caro.

Ernesto Ponzio, « El pibe Ernesto », violoniste virtuose, a composé Don Juan, 1885  – 1934.

Genaro Esposito, 1886 – 1944.

José Martinez, pianiste, compositeur, chef d’orchestre, 1889 – 1939.

Arturo de Bassi, 1890 – 1950.

David «  Tito » Roccatagliatta, violoniste, 1891 – 1925.

Vicente Greco, 1888 – 1924.

Eduardo Arolas, 1892 – 1924. « Le Tigre du bandonéon », Una noche de Garufa, El Marne, La Cachila. A passé les trois dernières années de sa vie à Paris.

Francisco Canaro, Uruguayen, 1888 – 1964. Compositeur, chef d’orchestre, créateur de la société des auteurs compositeurs, style constant : accentuation égale des quatre temps de chaque mesure.

Augustin Bardi, violoniste puis pianiste. Composa : Vicento, Nunca Tuvo, Independiente Club, La Guidana.

La transition : Roberto Firpo, né en 1884, pianiste, élève d’Alfredo Bevilacqua, devint chef de l’Armenonville en 1913. Composa  Alma de Bohemio, Sentimiento Criollo, De Pura Cepa, El Apronte, El Amanecer, El Solitaro.

La Guardia Nueva : la rénovation , Julio de Caro, et Osvaldo Fresedo.

Julio de Caro , né en 1899, fils d’un professeur du conservatoire  de Milan, créa un conservatoire à Buenos Aires. Composa Boedo, Mala Junta, El Monito, Buen Amigo, Tierra Querida, El Arranque, El Mareo , Malapinta.

Osvaldo Fresedo, 1897 – 1984, bandonéoniste, composa : Vida mia, El Once, etc.

L’âge d’or : 1920  – 1935 : le tango chanté et la diffusion du tango par le disque.

Carlos Gardel, bien sûr. Accident d’avion à Medellin le 24 juin1935.

Juan Carlos Cobián, pianiste, le « Chopin du tango », à cause de ses études classiques. Grâce à lui, abandon du 2/4 , et introduction du 4/8. Créateur du style tango romanza.

Retour aux origines :

Juan d’Arienzo, violoniste, composa un orchestre avec Rodolfo Biagi. Ils revinrent au 2/4 parfaitement dansable.

Aníbal Troilo, 1914 – 1975, le conciliateur, su s’entourer de bons musiciens et donna une grande place au chanteur, ( Francisco Fiorentino, Robert Goyeneche, Angel Cardenas, Edmundo Rivero, etc. ).
Il fit chanter le morceau entier, à cause de la personnalité de Fiorentino, ce qui ne se faisait pas précédemment.

Osvaldo Pugliese, 1905 – 1995. Recuerdo en 1924.

Horacio Salgán, composa : A Fuego Lento, Don Augustin Bardi, etc.

Edmundo Rivero, guitariste, chanteur, solides études musicales, voix rauque, maîtrisait parfaitement le lunfardo.

Julio Sosa, 1926  – 1964. Chanteur, style populaire avec des personnages marqués par la vie.

La révolution Piazzolla 1921 – 1994.

Junte militaire à la chute de Perón, pendant trente ans interdiction de la diffusion de certains tango classiques, et la possession de disques du Cuarteto Cedron.

En 1955 il y avait 600 orchestres et plus que 10 en 1976.

Invention du tango de concert dans les années 60.

Langue, littérature et poésie du tango :

Pascal Contursi 1888 – 1932. Sentimentalisme.

Le Pera, né à São Paulo.

Celedonio Florès, né en 1896. Ecrit en lunfardo.

Enrique Santos Discepolo 1901 – 1951, poète de l’âme douloureuse.

Homero Manzi, 1905 – 1951. En1940, il sera le rénovateur du tango , inventant des textes modernes.

Enrique Cadicamo, poète, romancier, tangos qui évoquent l’ascension sociale par la séduction ou la prostitution. Il définit le tango par la formule : «  T’es une fleur de pavé qui .parfume tous les cœurs ! », a écrit : Nostalgias, Tres Esquinas, etc.

Alberto Castillo, chanteur, incarne le tango ouvrier.

Catulo Castillo, d’abord musicien, puis poète : Tinta Roja, La Ultima Curda, etc.

Homero Esposito, études universitaires, poète, du présent de la réalité. Ecrit : Tristezas de la Calle Corrientes, Percal, Margot, etc.

Horacio Ferrer, a écrit une œuvre historique sur le tango qui fait date.

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